Comment créer un site internet quand on dirige une entreprise et qu'on n'est pas développeur ? Les guides qui sortent en premier sur Google sont presque tous écrits par des éditeurs d'outils : ils expliquent comment choisir un modèle et glisser des blocs. C'est utile, mais ce n'est pas là que les sites échouent.

Nous créons des sites depuis 2015 pour des artisans, des commerces et des PME, plus d'une centaine au total. Les projets ratés que nous reprenons ne le sont presque jamais pour des raisons techniques. Ils le sont parce qu'une décision a été prise dans le mauvais ordre. Ce guide suit donc l'ordre qui marche, et il couvre aussi ce que les tutoriels passent sous silence : ce qui fait varier le coût, et les obligations légales.

Avant tout : à quoi votre site doit-il servir ?

Un site internet d'entreprise a une mission, et une seule : qu'un visiteur fasse quelque chose en arrivant. Appeler. Demander un devis. Réserver une table. Acheter. Tant que cette réponse n'est pas écrite noir sur blanc, tout le reste est de la décoration.

Cette question décide de tout ce qui suit. Un couvreur veut des appels : son numéro doit être visible sur chaque écran de téléphone, et sa galerie de chantiers doit rassurer ceux qui hésitent. Un restaurant veut des réservations : le menu, les horaires et le bouton de réservation passent avant l'histoire de la maison. Une boutique veut des ventes : la fiche produit et le paiement comptent plus que la page d'accueil.

C'est aussi là qu'on renonce à des idées. La demande la plus fréquente que nous déconseillons est le carrousel d'images en haut de page : il fait joli et ne convertit rien. Une page « Nos valeurs » que personne ne lit coûte du temps de rédaction mieux employé ailleurs.

Écrivez sur une feuille l'action principale, l'action secondaire, et les trois questions qu'on vous pose le plus souvent au téléphone. Vous avez votre cahier des charges.

Seul, avec un freelance ou avec une agence

Il y a trois façons de créer un site internet, et aucune n'est mauvaise en soi. Elles ne servent pas le même besoin.

Créer son site soi-même, gratuitement ou presque

Wix, Squarespace, SiteW ou les nouveaux outils qui génèrent un site avec l'IA permettent de mettre une page en ligne en une soirée. On peut même créer un site web gratuit, avec une adresse du type monentreprise.wixsite.com et un bandeau publicitaire de l'outil.

Pour une page d'attente, un projet en test ou une activité qui n'a pas de concurrence locale, c'est très bien. Le problème apparaît quand il faut se battre sur Google. Sur « élagueur Troyes » ou « couvreur Versailles », vous avez dix concurrents installés, et un site générique, lent sur mobile et identique à des milliers d'autres ne passe plus.

Reste la question de la propriété : sur ces plateformes, votre site n'existe que tant que vous payez l'abonnement, et il ne s'exporte pas. Le jour où vous voulez partir, vous repartez de zéro. Le « gratuit » se paie aussi en heures : comptez plusieurs soirées pour un résultat correct, et autant chaque fois qu'il faudra le modifier.

Passer par un freelance

Un bon freelance fait un excellent site vitrine. Vérifiez trois choses avant de signer : qu'il vous montre des sites en ligne dans votre secteur (pas des maquettes), qu'il vous laisse propriétaire du nom de domaine et du code, et qu'il sera encore joignable dans deux ans pour la maintenance.

Passer par une agence

Une agence se justifie quand le site doit rapporter dès sa mise en ligne, quand il faut du référencement local sérieux, ou quand le projet dépasse la vitrine : réservation, paiement, espace client, outil métier. Chez nous, le même projet passe par la stratégie, la rédaction, le design, le développement et le référencement, sans que vous ayez à coordonner cinq personnes. C'est ce que nous faisons en création de site internet.

Les étapes pour créer un site internet, dans le bon ordre

1. L'arborescence : quelles pages, et pourquoi

Partez de l'action principale définie plus haut et de ce que vos clients tapent réellement dans Google. Un site vitrine efficace tient en cinq à dix pages : accueil, une page par prestation importante, réalisations, à propos, contact. Pas trente. Un site court se charge vite, se met à jour facilement et se référence mieux qu'un site tentaculaire dont la moitié des pages ne reçoit jamais un visiteur.

Si vous travaillez sur plusieurs communes, prévoyez une page par zone réellement couverte, avec un texte différent pour chacune. Recopier le même paragraphe en changeant le nom de la ville est la première chose que Google détecte.

2. Le nom de domaine et l'hébergement

Le nom de domaine est votre adresse : monentreprise.fr. Choisissez-le court, sans tiret si possible, et déposez-le à votre nom, pas à celui du prestataire. C'est le seul élément d'un site qu'on ne peut pas refaire.

L'hébergement est la machine sur laquelle le site tourne. Pour un site d'entreprise, exigez trois choses : un certificat SSL (le cadenas dans la barre d'adresse, sans lequel les navigateurs affichent « non sécurisé »), des sauvegardes automatiques, et quelqu'un qui surveille.

3. Les textes, avant le design

C'est l'étape où les projets s'enlisent le plus souvent. Le client doit fournir les textes, ne trouve jamais le temps, et le site attend trois mois dans un carton. Nous l'avons vécu tellement de fois que nous écrivons désormais nous-mêmes : un entretien d'une heure, nous rédigeons, vous relisez et corrigez ce qui ne vous ressemble pas. Une journée de votre temps au lieu de semaines de blocage.

Si vous écrivez seul, une règle : écrivez pour la personne qui hésite à vous appeler, avec ses mots à elle. Les textes écrits pour placer des mots-clés se lisent mal, et Google sait le voir.

4. Le design, pensé pour le téléphone

La majorité de vos visiteurs arriveront sur un téléphone. Un artisan qui reçoit un appel à 19 h a été trouvé dans la rue, avec une connexion moyenne. Si la page met quatre secondes à s'afficher, l'appel part chez le concurrent suivant.

Validez des maquettes avant que la moindre ligne de code soit écrite : les allers-retours se font sur des images, pas sur un site à moitié construit. Et préférez vos vraies photos à une banque d'images. Une photo de chantier prise au téléphone convainc plus qu'une image léchée qu'on a déjà vue ailleurs.

5. La construction, et la technologie qui va avec

Aucune technologie n'est la bonne partout. WordPress reste excellent pour un site vitrine avec un blog, parce qu'il est simple à tenir et que vous trouverez toujours quelqu'un pour le reprendre. Shopify ou PrestaShop s'imposent pour une boutique en ligne, selon la taille du catalogue. Dès qu'il y a une logique métier (comptes clients, calculs, documents générés), on passe sur du développement sur-mesure : c'est ce qui fait tourner Mon PPSPS, la plateforme qui génère en dix minutes un document de chantier que les artisans du BTP rédigeaient en trois heures.

6. Les bases du référencement, dès la construction

Le référencement se prépare avant la mise en ligne, pas après. Chaque page a un titre et une description pensés pour Google, un seul titre principal, des images légères avec un texte alternatif, et des liens vers les autres pages du site. Ces bases ne coûtent presque rien quand elles sont faites au départ, et cher quand il faut les rattraper.

Pour une activité locale, ajoutez dès le premier jour une fiche Google Business Profile. Elle amène souvent plus d'appels que le site lui-même : la fiche déclenche l'appel, le site rassure celui qui hésite.

7. La mise en ligne, et la mesure

Le jour de la mise en ligne, déclarez le site dans la Google Search Console, l'outil gratuit de Google qui montre sur quelles recherches vous apparaissez et combien de personnes cliquent. C'est le seul tableau de bord qui compte vraiment au début. Si votre prestataire ne vous y donne pas accès, demandez-le : vous devez voir les mêmes chiffres que lui.

Ce qui fait varier le coût d'un site internet

« Combien coûte un site internet » est une question honnête, et la réponse honnête est : cela dépend de ce que le site doit faire. Méfiez-vous d'un prix annoncé avant toute discussion, il double souvent en cours de route. Voici ce qui fait réellement bouger un devis.

  • Le nombre de pages et leur rédaction. Cinq pages écrites par vous ou quinze pages rédigées par un professionnel ne représentent pas le même travail.
  • Le design. Un modèle adapté ou une maquette dessinée pour votre métier.
  • Les fonctionnalités. Un formulaire de contact n'a rien à voir avec une réservation en ligne, un paiement, un espace client ou un catalogue de produits.
  • Le multilingue, qui multiplie la rédaction et le référencement.
  • Le référencement. Les bases techniques sont incluses partout où le travail est sérieux. Un travail suivi sur des recherches disputées est un accompagnement mensuel à part.
  • La maintenance. Un site n'est pas un meuble : il vieillit. Mises à jour de sécurité, sauvegardes et corrections doivent être prévues dès le départ.

La bonne façon de regarder ce chiffre est de le rapporter à ce que le site rapporte. Pour un couvreur, deux chantiers signés grâce au site couvrent largement l'investissement. Pour un restaurant, ce sont quelques tables par semaine.

Les obligations légales que les tutoriels oublient

Un site d'entreprise n'est pas un blog personnel. Quatre obligations s'appliquent à presque tous, et aucune n'est optionnelle.

Les mentions légales. Nom ou raison sociale, adresse, numéro d'immatriculation, contact, directeur de la publication et coordonnées de l'hébergeur. Le détail pour un entrepreneur individuel est sur Service Public Entreprendre.

Les données personnelles et les cookies. Dès qu'un formulaire collecte un nom ou un téléphone, une politique de confidentialité est obligatoire. Dès qu'un outil de mesure d'audience ou de publicité dépose des cookies, il faut le consentement préalable du visiteur, avec un bouton « Refuser » aussi visible que « Accepter ». La CNIL détaille les règles et elle sanctionne.

Les conditions générales de vente, dès que vous vendez en ligne.

L'accessibilité. Depuis juin 2025, les sites de commerce en ligne doivent être utilisables par les personnes en situation de handicap, sauf pour les microentreprises. Nous avons détaillé les obligations et les bonnes pratiques d'accessibilité dans un article dédié.

Combien de temps faut-il pour créer un site internet ?

Pour un site vitrine, comptez quatre à six semaines, rédaction comprise. Pour une boutique en ligne ou une refonte avancée, huit à douze semaines. Le facteur qui fait varier le délai n'est presque jamais la technique : ce sont les contenus et la disponibilité pour valider.

Quand tout est clair, ça peut aller très vite. Le site d'Hubert Turjman, coach en prise de parole, a été conçu, rédigé et mis en ligne en dix jours, parce que le périmètre était défini et que les échanges se faisaient dans la journée.

Après la mise en ligne

Un site qui vient d'ouvrir n'apparaît pas tout de suite en première page. Sur une recherche disputée, comptez trois à six mois de travail régulier avant de voir les positions monter. Personne ne peut promettre mieux honnêtement.

Pendant ce temps, trois choses font la différence : la fiche Google tenue à jour avec des avis clients, quelques pages nouvelles ou enrichies chaque mois, et des liens depuis votre site vers vos pages importantes. Si vous voulez que quelqu'un s'en occupe pour vous, c'est le travail de notre agence SEO.

Questions fréquentes

Peut-on créer un site internet gratuitement ?

Oui, avec des outils comme Wix ou SiteW en version gratuite, mais le site porte alors une adresse et une publicité de l'outil, et il ne vous appartient pas. Pour une entreprise qui veut être trouvée sur Google, un nom de domaine à votre nom et un site que vous possédez sont le minimum.

Peut-on créer un site web avec l'IA ?

Les outils d'IA produisent une première version en quelques minutes. Ils ne savent pas ce que vos clients vous demandent au téléphone ni pourquoi ils choisissent vous plutôt qu'un concurrent. Ils font un bon brouillon, rarement un site qui convertit.

Combien de temps pour créer un site internet ?

Quatre à six semaines pour un site vitrine rédigé, huit à douze pour une boutique en ligne ou une refonte avancée. Le délai dépend surtout de la rapidité à réunir les contenus et à valider les maquettes.

Combien coûte un site internet ?

Cela dépend du nombre de pages, de la rédaction, du niveau de personnalisation du design, des fonctionnalités (réservation, paiement, espace client) et de la maintenance. Un prix ferme se donne après un premier échange, pas avant.

Faut-il un site internet si l'on a déjà une fiche Google ?

La fiche déclenche souvent l'appel, mais celui qui hésite va vérifier votre sérieux : réalisations, avis, détail des prestations. Sans site, cette personne appelle le concurrent qui en a un. Les deux se renforcent.

Qui est propriétaire du site une fois créé ?

Vous devez l'être : le nom de domaine à votre nom, l'accès complet à l'hébergement, le code et les données. Faites-le écrire dans le devis. Si vous changez un jour de prestataire, tout doit vous suivre.